Chienne de vie : le début d’une aventure

Aujourd’hui, c’est par nostalgie que j’écris.

Je souhaite vous présenter la chienne qui m’a poussé à me lancer sur Instagram et Facebook il y a un an : Sybelle.

Désolée de vous décevoir, la fin est pourrie (mais pas comme Ugo).

Tout commence par une prise en charge.

Après une pause de 6 mois après mon accouchement, me revoilà à réclamer un chien à mon conjoint. Il valide – même s’il sait que quand je veux un chien, je suis une pro du harcèlement – et j’envoie un message à l’association que j’aide à l’époque.

Une chienne « sort du lot », le hic : elle a 5 mois. Trop jeune pour nous.

Oui, il faut savoir que certaines personnes se ruent sur les jeunes chiens, pas nous !

Il est plus simple, à mon sens, de rééduquer un chien que d’éduquer un chiot… Surtout quand on a des bébés humains à gérer.

Mais elle porte très bien son prénom.

Sybelle, oui, elle l’est 😍

Croisée husky avec un beau marquage, les yeux vairons, va vite être adoptée malgré sa particularité : elle est aveugle.

Handicap qui ne l’a gêne A-BSO-LU-MENT PAS pour découvrir le monde et qui rend son adoption encore plus simple : le prix est méga attractif.

Tout ça à convaincu mon homme d’accepter. Et Sybelle est arrivée.

Sybelle - petite chienne croisée husky
« Je te préviens Lindsay, c’est non ! »

Voici la première phrase que cette chienne a entendu quand elle a franchi le seuil de la porte 😅

Non, on ne va pas l’adopter, message reçu 5 sur 5.

Même si une maison avec un terrain de 1200 mètres carrés nous attendait (enfin, il fallait signer le compromis ET que le prêt soit accepté) – non, cette beauté finira ses jours auprès d’une autre famille et de toute façon, je n’ai pas assez de temps à lui consacrer sur le long terme.

On ne s’attendait pas à ce qui allait arriver…

Adoption apocalyptique.

Bingo, ça sentait l’adoption rapide une fois des photos avec mes enfants, ma chienne et mes chats mises en ligne.

Les chiens qui s’entendent avec tout le monde plaisent toujours, et surtout augmentent le nombre de familles qui peuvent les accueillir.

Une pré-visite se met en place pour rencontrer la famille et l’adoption est validée…

Le soir du premier jour du premier confinement 😩

Pendant que les rouleaux de papier toilette et la farine devenaient des denrées rares, nous recherchions une solution pour que cette beauté découvre sa famille. Un confinement pour elle tombait à pic pour prendre ses repères.

Sauf que risquer une amende de 135€ nous refroidissez un petit peu.

« Ma chienne » et moi.

Stella commençait à préférer le canapé aux les sorties.

Egoïstement, j’étais ravie de sortir qu’avec Sybelle. Je lui apprenais à gérer les bruits de la ville sans stress, je jouais en plein milieu des rues désertes à l’appeler et je me marrais quand elle se prenait un poteau quand sa concentration baissait (ok, ce n’est pas sympa, juste la vérité 😅).

Mon conjoint et la future adoptante ne partageaient pas ma joie…

L’un appréciait moyennement de vivre avec une chienne qui découvrait le monde (et comme nous n’avions qu’une courette de 6 mètres carrés, le monde se résumait à notre maison) et l’autre voulait sa chienne sans payer l’amende et sans chercher une solution de son côté.

Mais moi j’étais contente même si l’épuisement m’écrasait.

preuve en photo 🥴

Toutes les bonnes choses ont une fin.

Le gouvernement s’est mangé une vague de demandes provenant des associations de protection animale et s’est peut être dit qu’il pouvait un peu élargir les autorisations car finalement le peuple n’était pas si con que ça, il savait porter un masque (vous n’avez pas la référence ? c’est cadeau) – enfin, je pense qu’à cette période, le masque n’était même pas obligatoire.

Bon, en vrai, il s’agissait d’autorisation uniquement pour aller chercher un animal en refuge. J’ai demandé à un refuge près de chez moi de m’aider et j’ai juste reçu une claque. En effet, le directeur m’a envoyé une piqure de rappel : rares sont les assos qui s’entraident – même cause mais pas même structure donc… Bye bye ! 🤦‍♀️

L’association a donc fait une attestation et ça passait ou ça cassait mais Sybelle avait besoin de plus d’espace que ma petite maison style 1930 et surtout d’un jardin (comme elle était encore en pleine croissance, il fallait faire attention à ne pas trop la faire marcher – quoique vu ce qu’elle préparait, on aurait dû fermer les yeux).

Silence radio.

« Ma » sublime chienne s’en va et moi je recommence les cartons, le déménagement approche.

Au début, j’ai reçu deux-trois nouvelles du genre « elle n’est pas bien élevée », « elle se sert dans les poubelles », « elle tire en laisse », « elle a peur des tracteurs » (en ville, je n’ai pas croisé de tracteur – mille excuses !)

🤜 Une petite explication s’impose.

Si vous souhaitez devenir famille d’accueil, sachez que votre rôle n’est pas d’éduquer le chien mais de l’héberger. Bon, moi, j’aime rééduquer les chiens, c’est ma passion mais si vous préférez le tricot, tricottez (et sortez le chien de temps en temps quand même ou prenez un chat).

Et navrez de décevoir mais un chien – surtout un chiot qui traverse de multiples périodes – ne s’éduque pas en un mois. Vous pouvez lui offrir de bonnes bases, lui apprendre quelques tours mais ça s’arrête là.

Ah oui ! Il faut beaucoup répéter aussi comme le fameux « range tes jouets », « mets des vêtements dans le panier à linge » ou encore « va mettre une culotte » (coucou les parents !👋). Oui, les animaux (nous sommes des mammifères) apprennent par répétition.

🤬 Folle de rage.

Oui, j’étais folle de rage quand j’ai appris que la pauvre bête s’est faite poursuivre par trois voitures dans un champs (elle s’était enfuie de chez elle) puis deux « éducateurs canins » ont bien voulu s’occuper de « son cas » mais à la condition qu’elle soit tranquillisée 😴

Bon, le mode rodéo dans le champs, elle a dû être affolée mais s’ils n’avaient pas d’autres choix sous le stress (Sybelle avait un minimum de rappel mais il fallait être assez proche – une quinzaine de mètres) mais les éducateurs qui demandent à shooter un chien avant de s’en occuper mais WHAAAT ?!?

Grosso modo, le rôle d’un éducateur est d’apprendre au propriétaire à éduquer le chien en situation réelle et le rôle d’un comportementaliste de trouver des solutions pour le propriétaire en fonction du chien; les deux peuvent concorder en fonction du chien mais jamais vous ne devez droguer votre chien AVANT un rendez vous.

Comment voulez vous que le « professionnel » ne se rende compte du travail à mettre en place 🤯 ?

A l’annonce de ces nouvelles, j’ai exigé – puis supplié – l’asso de la reprendre.

Bon, finalement, après un rendez vous avec deux bénévoles dont une qui est avocate, la famille a pu garder Sybelle à conditions de ne pas la droguer (elle était cool comme chienne, juste jeune) et donc d’appeler un autre éducateur canin. Pourquoi a t elle pu rester ? Elle était en bonne forme avec un bon moral (n’a pas l’air de se prendre des claques).

Et ça m’allait : tout le monde fait des erreurs et à le droit de les réparer.

Urgences vétérinaires

Lors d’une balade, Sybelle s’évanouit. Je n’ai jamais vu un chien faire un malaise mais je ne doute pas que ça doit être impressionnant.

Les propriétaires se précipitent chez le vétérinaire qui n’aime pas ce qu’il sent. La jeune chienne qui n’a pas encore souffler sa première bougie a « des boules » dans le corps. Il faut passer une radio.

La famille menace l’association : elle va porter plainte car on aurait cacher l’état de santé de la chienne. L’asso paie la radio et propose de récupérer l’animal. C’est la guerre entre l’homme qui refuse car madame est triste, madame qui ment sur les horaires de rendez vous, l’association qui souhaite juste que la chienne soit suivie à vie.

Quatre, il y en a quatre.

Quatre masses qui se baladent dans le corps de bébé chien qui est revenue à la maison à trois jours de notre déménagement : ça n’a pas été méga simple je dois l’avouer.

Nous décidons de la garder jusqu’à la fin, les vétérinaires lui donnent 3-4 mois de vie. Si elle souffle sa première bougie, c’est un exploit.

Sa fin de vie, elle va la passer à la campagne. Sincèrement, son état de santé ne se voit pas du tout.

Bye bye les rues de Calais !

Elle est pétillante, elle adore balader (et reste zen quand un tracteur nous dépasse). Je lui apprends la marche en laisse, le rappel et « au panier ». Elle s’offre même le luxe de buter deux jeunes coqs qui appartiennent à mes voisins à qui nous prêtions notre pâture : ça assure une bonne ambiance tout ça 😑

Une chance de survivre.

Les vétérinaires d’une grande clinique se penchent sur son cas. Il y a un espoir de prolonger sa vie si on lui retire les masses. Les membres de l’association décident de tenter l’opération.

Pleine d’espoir, je dépose ma toutoune un mardi matin à la clinique à 1h15 de chez moi. Sur la pelouse du parking, nous nous dégourdissons les pattes en jouant un peu ensemble. Elle adore le « je saute et je me calme de suite ».

L’attente à l’entrée de la clinique entourées d’un labrador, une rottweiler et d’un bichon est un peu compliqué mais Syb’ commence à bien gérer ses autocontrôles, ce n’est pas parfait mais acceptable pour une demoiselle de 7 mois. Une assistante vétérinaire vient la chercher, une dernière caresse, un bisou, une parole et je la vois s’éloigner toute contente d’être en présence d’une nouvelle copine.

« Je reviens te chercher ma grosse, soit sage ».

C’est la dernière phrase qu’elle a entendu de ma part.

Les vétérinaires ont tout découvert en ouvrant des entrailles dignes d’un tableau de Picasso : un rein près du foie, la vessie près de l’estomac, bref gros bordel. Ils ont retirés trois masses mais la quatrième est accrochée telle une moule à son rocher à l’aorte qui s’est déchirée.

Et il a fallu expliquer…

A mes enfants, surtout ma fille qui était toujours fourré avec Sybelle qui pourtant lui avait tué 2-3 poupées. Sans rancune 😏

Pendant deux semaines, elle a répété : « Sybelle est malade, Sybelle est chez le vétérinaire, Sybelle ne reviendra pas ».

Mon cœur de maman se liquéfiait quand je devais expliquer aux personnes à qui ma fille partageait l’histoire de Sybelle. Mais je ne regrette pas d’avoir fait le nécessaire pour cette truffe.

J’avoue que ma colère a ciblé quelques jours l’association qui a tenté l’opération et nous l’a arraché indirectement. Mais combien d’asso se serait permis de tenter le coup « pour un chien » ?

🐾 Une vie est une vie, tel est leur slogan.

Mon vétérinaire m’a donné une explication qui a pansé mes blessures d’âme. Quand un chiot ou un chaton loge une tumeur, son espérance de vie diminue drastiquement car les cellules – bonnes et mauvaises – se multiplient à vitesse grand V.

Comment soigne t on la perte d’un chien ?

Chez nous, on en reprend un. Tipunch, teckel a poils durs est arrivé en famille d’accueil.

La vie continue malgré tout et d’autres chiens ont besoin d’être hébergé en attendant leur famille pour la vie.

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